Publié par SYNTEF-CFDT

SYNTEF-CFDT -- Les DIRECCTE ou la chronique d'une fin annoncée...

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Action  publique 2022 pose comme préalable à toute réforme un objectif de baisse de trois points de PIB des dépenses publiques (environ 60 Milliards d’€) et une suppression de 120 000 postes de fonctionnaires dans les trois versants de la Fonction publique (50 000 dans la Fonction publique d’Etat).

Dans ce contexte, l’annonce du projet de loi de finances (PLF) 2019 n’a rien d’étonnant !

Pour le Ministère du travail et la Mission Emploi ce sera moins 233 ETP en 2019, moins  800 ETP chez Pôle emploi  et moins  550 postes à l'Agence nationale pour la formation des adultes (Afpa).

Au final, le budget du ministère du Travail s'inscrit en baisse de près de deux milliards d'euros à 13,1 milliards (périmètre constant) contre 15,2 milliards d'euros en 2018 : -19, 38 % !

Dans les DIRECCTE des annonces de 1 000 à 1 200 postes en moins sur les 5 ans à venir dans notre ministère (BOP 155) sont faites !

Verdict brutal, véritable provocation, absence totale de reconnaissance : les annonces pleuvent sur  les agents dont les conditions de travail continuent de se dégrader sans qu’une ébauche de dialogue social avec les OS ne se mette en œuvre pour trouver une solution !

  • Le SYNTEF-CFDT dénonce la violence et l’absence de toute considération envers les agents laissés pour compte, contraints à la mobilité, sans aucune mesure d’accompagnement !

 

  • Pour le SYNTEF-CFDT un véritable plan de transformation des compétences doit être mis en œuvre sans tarder, incluant des mesures de valorisation de la carrière des agents et excluant toute mobilité forcée.

 

  • Le SYNTEF-CFDT dénonce la méthode du gouvernement, celle d’une concertation factice menée par les Préfets de Région tambour battant !

 

  • Pour le SYNTEF-CFDT les préfigurations de réorganisation doivent être discutées dans tous les Comités Techniques des DIRECCTE avant d’être transmis aux Préfets et tous les CHSCT doivent pouvoir mener des expertises en amont des réorganisations.

 

  • Le SYNTEF-CFDT s’oppose à une vision purement comptable et budgétaire de réduction de l’action publique et de ses effectifs. Pour la CFDT, la finalité de l’action publique réside dans la cohésion sociale, la lutte contre les inégalités et la solidarité nationale.

 

  • Il faut cesser de penser les fonctionnaires comme un coût qu’il faudrait réduire par des suppressions de postes afin d’alléger les dépenses de l’État. Pour la CFDT les agents publics  sont une richesse pour la collectivité nationale.

 

Alors que les DIRECCTES se voulaient un guichet unique s’appuyant sur ses transversalités internes entre Pôles au service des entreprises et de leurs salariés, force est de constater que notre Ministère n’a pas joué pleinement son rôle pour mettre en œuvre cette finalité.

Pourtant la mission d’évaluation des DIRECCTE de 2012 préconisait déjà « un pilotage plus intégré des Direccte en termes de gouvernance nationale, de gestion des ressources humaines et de convergence des systèmes d’information » pour développer des « synergies » et améliorer le service rendu à l’ensemble des usagers.

Avec la fin du Pôle 3E, c’est le fondement même de la création des DIRECCTE, qui est remis en question. Si la démonstration de l’utilité des transversalités ne peut pas sauver les DIRECCTE, que reste-t-il d’une DIRECCTE sans Pôle 3E et dont le Pôle C s’en irait ?... Le Pôle T.

L’organisation des services déconcentrés de l’Etat en DDI (directions départementales interministérielles) à la main du Préfet n’autorise guère à penser qu’une DRT (direction régionale du travail) renaisse de ses cendres dans ce paysage de mutualisation, de rationalisation et d’économie budgétaire.

Pour le SYNTEF-CFDT, au-delà de la question de la disparition des DIRECCTE, c’est celle de l’avenir d’un Ministère du Travail qui est  aujourd’hui interrogé.

 Mais… « ZEN Tout va bien se passer » affiche le portail de la modernisation de l’action publique à la lettre Z de son « petit dico d’Action Publique 2022 ».

Une provocation supplémentaire inacceptable !

 

 

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