Publié par SYNTEF-CFDT

SYNTEF-CFDT -- Paroles d'agents :  : « les réformes ont confisqué ce qui faisait la fierté du service public » !

RGPP, REATE, NOTRe, MAP, Action Publique 2022, les réformes de la Fonction Publique se succèdent sans qu’aucun bilan ne soit réalisé de la réforme précédente… Comme si elle n’avait pas existé.

 

Pourtant les agents les ont vécu, et dans bien des cas on peut dire qu’ils ont survécu, tant les réformes semblent s’être succédées pour mettre fin au service public en s’attaquant à ce qui fait leur motivation et la qualité du service rendu, reconnue unanimement par les usagers lors des enquêtes et sondages successifs.

 

Aujourd’hui une majorité d’agents craignent de devoir subir une mutation forcée ou de se faire imposer un changement de conception de leur travail et un durcissement des objectifs.

 

C’est ce qui ressort de la grande enquête PARLONS TAVAIL de la CFDT ainsi que de l’ enquête sur la catégorie A de la Fonction Publique.

 

Le constat est sans appel pour les 50 000 agents répondants : le sens du travail fait de plus en plus défaut quand 70% des agents ont l’impression d’être une machine ! Et pour 62% d’entre nous nos supérieurs ne sont pas soucieux de notre bien-être. La coupure avec la hiérarchie est consommée pour une majorité d’agents : « quand ils voient ce que je fais, mes supérieurs ne disent pas grand-chose »

 

Quand 80% des agents aiment leur travail, ils ne sont plus que 50% à aimer leur administration… Un ressenti unanime émerge : « les réformes ont confisqué ce qui faisait la fierté du service public » !

 

Pour le SYNTEF-CFDT la suppression des effectifs engagée depuis une dizaine d’années dans une logique purement comptable a atteint ses limites. Les conséquences tant sur les organisations que les conditions de travail et le service aux usagers deviennent intenables. Nous ne nous rassurons pas que la solution soit En Marche : celle de l’abandon des missions.

 

Dans un environnement ressenti comme dégradé dans de nombreux secteurs des fonctions publiques, la reconnaissance tant de la part des collègues, de la hiérarchie et des usagers est probablement l’un des facteurs les plus importants qui permette de « tenir le coup » et il n’est aujourd’hui plus au rendez-vous.

 

Les débouchés en termes de métiers se réduisent quand Action Publique 2022 s’oriente vers des abandons ou délégations de missions, les mesures PPCR sont reportées, les ratios de promotion sont ridiculement insuffisants, le Premier Ministre détaille en pleine période estivale la cure d’amaigrissement des services de l’Etat en précisant le sens des déconcentrations, réorganisations et mutualisations, enfin l’avenir appartient aux contractuels. Il faut avouer que le Gouvernement Philippe a eu le courage de tomber le masque avec CAP 2022 et d’afficher enfin ce vers quoi tendaient toutes les dernières réformes de la Fonction Publique sans jamais oser l’avouer aux agents.

 

Depuis les annonces violentes par voie médiatique d’une restructuration de grande ampleur du versant Economie des DIRECCTE, de la fuite organisée ou pas, du rapport CAP 2022 et de la parution en plein été de deux circulaires du Premier Ministre, il règne une véritable foire aux options les plus inattendues, le tout dans une atmosphère des plus alarmistes et alarmantes.

 

Mais qui en pâtit en 1er lieu si ce ne sont les agents ?

 

·         Qui ont déjà vécus pour un certain nombre d’entre eux une réforme territoriale dont on ne mesure pas encore toutes les conséquences !

 

·         A qui on a déjà demandé de se repositionner sur des missions qu’ils n’avaient pas envisagé de remplir, ni de déménager. Agents de tous grades et de toutes origines ministérielles.

 

·         A qui on ne donne pas ou plus les moyens de mener à bien leurs missions !

 

·         A qui on reconnait la valeur professionnelle sur un poste de Contrôleur mais à qui on refuse le passage au grade d’IT ! Et que l’on laisse sans perspective de carrière !

 

Hier la nouvelle dénomination de notre Ministère sous l’égide de Mme Pénicaud annonçait le ton en gommant la mention Emploi. Aujourd’hui nous allons dire adieu au Pôle 3E des services déconcentrés. Demain sans doute faudra-t-il dire au revoir aux DI(R)ECCT(E) et bonjour à une organisation en Agences…

 

Huit mois après son arrivée, Mme Pénicaud, l’actuelle locataire de la rue de Grenelle, a daigné s’intéresser au fonctionnement de ses services en recevant une intersyndicale unitaire alarmant sur des conditions de travail dégradées.

 

Huit mois après cette entrevue les engagements pris sont restés parole morte et les actes tombent tels des couperets : un seul CAP, 2022 !

 

Pour le SYNTEF-CFDT il était pourtant urgent de redonner du sens au travail des agents du Ministère en affirmant clairement une ambition forte pour ses missions.

 

En juin la nouvelle Secrétaire Générale des Ministères Sociaux reconnaissait des « tensions sur les effectifs » et annonçait un recentrage du Ministère sur « le cœur de ses missions ».

 

En Comité technique ministériel (CTM) le SYNTEF-CFDT a solennellement alerté sur la dégradation de la santé au travail des agents ; que ce soit dans les services déconcentrés, en administration centrale, dans les filières métiers ou supports.

 

« Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés » est-il de notre devoir de rappeler aujourd’hui. Les résultats successifs du baromètre social de l’administration témoignent d’un environnement dégradé.

 

 

Face à la nouvelle réorganisation d’ampleur qui frappera tous les services le SYNTEF-CFDT fait le pari du pragmatisme dans le dialogue et ne cédera pas à des postures idéologiques immobilistes bien trop faciles en ces temps électoraux.

 

 

Le SYNTEF-CFDT s’impliquera localement de façon transparente envers les agents pour exiger un réel dialogue social et agir contre tout démantèlement du service public et en faveur de mesures d’accompagnement des agents à la hauteur des enjeux.

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