Publié par le Nouvel Observateur

Le Nouvel Observateur - 2 août 2007



Immigration
Inspecteurs ou flics?

 

Les inspecteurs du travail devront-ils jouer le rôle de flics pour traquer les travailleurs clandestins sans papiers? C'est en tout cas l'intention du gouvernement. 

Dans le décret d'attribution du ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement; - en clair, les missions de Brice Hortefeux - il est en effet prévu que les inspecteurs et les contrôleurs du travail peuvent être mis à la disposition du ministre concerné. «C'est une première très inquiétante, explique Karim Abed, inspecteur du travail CFDT. Nous sommes les seuls, dans l'administration, à pouvoir entrer 24 heures sur 24 dans un établissement. Les policiers n'ont pas ce droit. Nous ne refusons pas de travailler avec eux, mais nous ne voulons pas servir d' ouvre-boîte.» 


Les syndicats expliquent en outre que cette disposition viole la convention n° 81 de l'Organisation internationale du Travail et peut «conduire à leur imposer des missions non prévues par la loi et incompatibles avec leur statut». La CGT, la CFDT, SNU-TEF et SUD-Travail, qui représentent 80% de cette profession, ont déposé un recours devant le Conseil d'Etat. 


Pour tenter de calmer le jeu, le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a affirmé que la Direction générale du Travail, dont dépendent les inspecteurs, pouvait «être mise à disposition d'autres ministères, sans remettre en cause l'autorité centrale de l'Inspection du Travail». Toujours selon Xavier Bertrand, « l'indépendance personnelle des inspecteurs sera évidemment respectée». En revanche, François Fillon, devenu souffleur de braises en chef, a affirmé que «ce n'était pas aux inspecteurs de choisir leur ministère de tutelle. C'est une question qui regarde le gouvernement »

Martine Gilson
Le Nouvel Observateur

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