De plus, le bureau international du travail (BIT) a précisé dans son rapport 2006 de sa 95ème session : " Il est également indispensable que
l’inspection du travail soit solide, informée, dotée de moyens suffisants, bien organisée et dirigée, apte à s’adapter aux changements et en mesure d’accomplir sa tâche. Dans certains pays, le
gouvernement donne la priorité à la lutte contre le travail clandestin ou l’emploi illégal qui est fréquemment liée à l’application du droit de l’immigration. Toutefois, cette tâche ne devrait
pas prendre une importance telle qu’elle détourne l’inspection du travail de sa mission essentielle de protection de l’ensemble des travailleurs sans exclusive ".
Or, en prévoyant qu’un inspecteur ou un contrôleur du travail puisse être affecté au ministère de Monsieur Brice Hortefeux, le projet de décret va avoir pour
résultat d’utiliser ces agents à des tâches fondamentalement étrangères à leur mission essentielle de protection de l’ensemble des travailleurs sans exclusive. Les inspecteurs et contrôleurs
du travail n’ont pas vocation à combattre le " travail illégal des étrangers ", ni de contrôler le respect des règles du droit au séjour des salariés étrangers.
Ainsi, ce projet de décret:
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d’une part contrevient à l’esprit de ces textes de portée internationale,
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d’autre part donne la possibilité au gouvernement de modifier d’une façon unilatérale l’affectation ministérielle des membres des corps précités.
En fait, cette " forfaiture " statutaire permet :
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d’une part, de régler " à la hache " les conséquences gravissimes du redécoupage ministériel pour l’avenir de la fonction publique et son rôle de
régulateur,
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d’autre part, de vous ôter une partie importante de votre autorité sur l’inspection du travail et ses missions pour les transmettre à Monsieur Brice
Hortefeux.
En conséquence, il n’est pas infondé de penser que, sous prétexte de créer un ministère de plein exercice à ce dernier par une simplification des textes, ce soit
une façon détournée mais efficace de casser ces corps " trublions ", qui se doivent de faire respecter les droits des salariés.
Il s’agit là d’une nouvelle étape dans le processus de démolition du statut de la Fonction Publique : d’un simple trait de plume le gouvernement supprime,
de fait, les spécificités des statuts particuliers, puisqu’en effet l’article 1 du statut particulier du corps de l’inspection du travail prévoit que les inspecteurs sont " placés sous
l’autorité des ministres chargés respectivement du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle, des transports et de l’agriculture ".
En ce qui concerne les inspecteurs de l’action sanitaire et sociale, ces derniers ont passé un concours pour venir en aide aux populations fragiles (malades,
handicapés, exclus, personnes âgées, demandeurs d’asile…). Désormais, par décret, leurs missions essentielles sont totalement dévoyées : ils devront tout au contraire les exercer à
l’encontre de ces mêmes populations.
Pour nos secteurs respectifs, TRAVAIL et SOLIDARITE, il s’agit d’une volonté politique de mise sous tutelle des CONTRÔLEURS et INSPECTEURS
du TRAVAIL, des INSPECTEURS de l’ACTION SANITAIRE et SOCIALE, de la part du Ministre de l’Immigration.
Ce projet paraît répondre plus à une volonté politique de faire participer, notamment, l’inspection du travail " à la chasse à
l’étranger " qu’à la poursuite des missions de service public de l’inspection du travail, au profit de ses usagers prioritaires, en l’occurrence l’ensemble des
travailleurs du secteur privé, qui doivent pouvoir compter sur l’inspection du travail pour faire respecter le droit du travail et le droit au travail.
C’est la fin programmée de nos missions respectives et de l’existence même des ministères sociaux ! ! ! !
Effectivement, les Ministres n’auront plus à s’embarrasser des droits statutaires (mise à disposition ou détachement par exemple), qui nécessitent l’accord des
agents concernés : l’affectation dans le nouveau Ministère (pour l’exemple visé le ministère de l’Immigration) ou dans tout autre type d’établissement se fera par simple arrêté,
et l’agent n’aura aucun droit d’option.
Ainsi, permettre que les corps de contrôle du travail puissent "être affectés dans le ministère précité et à terme dans n’importe quelle autre
structure" est un détournement certes non réglementaire au vu des statuts spécifiques, de la formation initiale et continue de ces agents mais également dangereuse puisque cette réforme
est non seulement une boîte de Pandore pour casser le statut général de la fonction publique, mais est contraire à la tradition d’un pays qui s’est toujours voulu respectueux des conventions
internationales et de la Déclaration des droits de l’Homme
L’intersyndicale CGT, CFDT, FO, FSU, SUD et UNSA exige le retrait de ce projet de décret " scélérat " et vous demande audience en urgence ce
jour.
De plus, l’intersyndicale vous informe du dépôt d’un préavis de grève à propos de ce décret, dès lors qu’il ne serait pas retiré.
Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, à l’expression de notre considération distinguée.
Pour l’intersyndicale
FO
SNUTEF-FSU
Marie-Ange
SIFFREDI
SYNTEF-CFDT
Secrétaire Nationale du Syntef-CFDT
SUD Travail Affaires Sociales
UNAS-CGT
UNSA ITEFA