Publié par SYNTEF-CFDT

logo-g--n--ral-cfdt.jpg« Un conflit majeur si on déroge aux 35 heures »

Dans une interview publiée dans 20 minutes le 4 décembre, le secrétaire général de la CFDT s'inquiète des annonces faites par la président de la République sur les RTT.
 


Quelle est la réaction de la CFDT aux mesures Sarkozy pour le pouvoir d'achat ?


Le Président a fait beaucoup d'annonces éparpillées qui concernent peu de salariés. En se focalisant sur le paiement des RTT, on oublie tous ceux (la majorité) qui n'en ont pas ainsi que les chômeurs, les retraités, les salariés à temps partiel, les fonctionnaires, ceux qui travaillent dans les PME ou ceux dont le temps de travail est annualisé. Cela fait beaucoup de monde !


Mais pour les salariés concernés, c'est un progrès : plus besoin d'accords d'entreprise...



Des salariés peuvent effectivement être intéressés. Mais ce que la CFDT craint, c'est que le rachat de RTT ne se substitue à des hausses de salaire. Avec un accord collectif, on impose à l'entreprise une négociation plus large sur l'emploi et les rémunérations. Le risque, c'est qu'à l'avenir, elle puisse l'éviter en proposant directement le paiement des RTT.


Une loi est déjà en préparation. Que comptez-vous faire ?



Nous avons prévenu le Premier ministre de notre désaccord, et nous surveillerons le texte de près. D'autant plus que cette question devrait être débattue avec les autres lors de la conférence sociale ce mois-ci. Les RTT monétisées sont une première entorse à la loi sur le dialogue social.


Les entreprises vont pouvoir renégocier les 35 heures. C'est la fin de la durée légale du temps de travail ?


Pour nous, il n'y a aucune remise en cause des 35 heures. Toute heure effectuée au-delà de 35 heures doit rester une heure supplémentaire, payée plus selon des conditions négociées avec les syndicats, dans le cadre d'un accord majoritaire.

À entendre le ministre du Travail, chaque entreprise pourra négocier sa durée du travail, comme le souhaite le Medef. Celle qui passerait à 40 heures ne paierait en heures sup qu'à partir de 41 heures...
Xavier Bertrand a fait un raccourci ambigu de ce qu'a dit le Président. Il n'est pas question que les entreprises puissent déroger à la durée légale des 35 heures et si le gouvernement veut ouvrir ce débat, il y aura un conflit majeur avec la CFDT.


Encore une conférence en décembre, c'est efficace ?



Il s'agit de fixer le calendrier de l'agenda social. La CFDT l'a demandé pour éclaircir les chantiers de 2008, en application de la loi sur le dialogue social.



Propos recueillis par Angeline Benoit pour 20 minutes © CFDT (mis en ligne le 4 décembre 2007)

 

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