Publié par SYNTEF-CFDT

 

Statistique publique à Metz :

la CFDT s’oppose au projet de transfert

Déclaration d’Anousheh Karvar,secrétaire nationale -

 

 

A l’occasion de la nouvelle journée d’action des agents de la statistique publique (Insee, Dares, Drees…) mardi 25 novembre, la CFDT tient à donner sa position sur le projet gouvernemental de transfert.
Le président de la République a récemment annoncé que la statistique publique viendrait compenser, partiellement, les pertes de populations liées à la nouvelle carte militaire de la France (soit de l’ordre de 15 000 personnes).
Une mission a été confiée à Jean-Pierre Duport, vice président du Cnis et Jean-Philippe Cotis, directeur de l’Insee, pour voir dans quelles conditions un tel transfert peut réussir et sur quelles périodes. Les chiffres de transfert ne sont pas stabilisés, il s’agirait de 3000, 1500, voire de 1000 agents.
Pour la CFDT le principe de déconcentration des services publics n’est pas une question récusable en soi. Il n’y a aucune raison que Paris, ou sa proche périphérie, soit incontournable. Mais l’activité statistique n’est pas une activité structurante et motrice pour une région, car rien ne dit que les statisticiens transférés habiteront Metz et ses environs et contribueront, ainsi, à une activité économique de remplacement. Ils pourront, au contraire, se déplacer tous les jours entre Paris et Metz, avec du temps perdu et une moindre efficacité du service rendu.
Il peut donc y avoir « illusion statistique » sur le transfert réel d’emplois de service.
La première mission de la statistique publique est de produire des données fiables permettant un bon pilotage économique et un débat social informés. Cette mission, essentielle pour la CFDT, est régulièrement mise en cause par les pouvoirs publics, les lobbies de distribution ou des représentants de consommateurs.
La localisation de la statistique publique à Metz ressemble donc davantage à une sanction politique, tant les conflits sont nombreux, ces derniers temps, sur la mesure des créations d’emploi ou du chômage, ou bien sur l’indice des prix.
Dans ces conditions, la CFDT ne peut pas adhérer au transfert de la statistique publique à Metz et demande au gouvernement de faire de l’aménagement des territoires sinistrés par la restructuration militaire un véritable sujet de négociations avec l’ensemble des parties prenantes. La CFDT y prendra alors toute sa place.
 
© CFDT (mis en ligne le 24 novembre 2008) www.cfdt.fr

 

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