Jeudi 27 novembre 2008
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Statistique publique à Metz :
la CFDT s’oppose au projet de transfert
Déclaration d’Anousheh
Karvar,secrétaire nationale -
A l’occasion de la nouvelle journée d’action des agents de la statistique publique (Insee, Dares, Drees…) mardi 25
novembre, la CFDT tient à donner sa position sur le projet gouvernemental de transfert.
Le président de la République a récemment annoncé que la statistique publique viendrait compenser, partiellement, les
pertes de populations liées à la nouvelle carte militaire de la France (soit de l’ordre de 15 000 personnes).
Une mission a été confiée à Jean-Pierre Duport, vice président du Cnis et Jean-Philippe Cotis, directeur de l’Insee, pour
voir dans quelles conditions un tel transfert peut réussir et sur quelles périodes. Les chiffres de transfert ne sont pas stabilisés, il s’agirait de 3000, 1500, voire de 1000
agents.
Pour la CFDT le principe de déconcentration des services publics n’est pas une question récusable en soi. Il n’y a aucune
raison que Paris, ou sa proche périphérie, soit incontournable. Mais l’activité statistique n’est pas une activité structurante et motrice pour une région, car rien ne dit que les statisticiens
transférés habiteront Metz et ses environs et contribueront, ainsi, à une activité économique de remplacement. Ils pourront, au contraire, se déplacer tous les jours entre Paris et Metz, avec du
temps perdu et une moindre efficacité du service rendu.
Il peut donc y avoir « illusion statistique » sur le transfert réel d’emplois de
service.
La première mission de la statistique publique est de produire des données fiables permettant un bon pilotage
économique et un débat social informés. Cette mission, essentielle pour la CFDT, est régulièrement mise en cause par les pouvoirs publics, les lobbies de distribution ou des représentants de
consommateurs.
La localisation de la statistique publique à Metz ressemble donc
davantage à une sanction politique, tant les conflits sont nombreux, ces derniers temps, sur la mesure des créations d’emploi ou du chômage, ou bien sur l’indice des
prix.
Dans ces conditions, la CFDT ne peut pas adhérer au transfert de la
statistique publique à Metz et demande au gouvernement de faire de l’aménagement des territoires sinistrés par la restructuration militaire un véritable sujet de négociations avec
l’ensemble des parties prenantes. La CFDT y prendra alors toute sa place.