Publié par SYNTEF-CFDT

Après le 19 mars, des revendications réaffirmées


Après la mobilisation du 19 mars, dont l’ampleur a confirmé la légitimité des revendications syndicales auprès des Français, gouvernement et patronat sont appelés à apporter des réponses concrètes.


« Dix jours pour réagir. » C’est le message qu’a adressé François Chérèque au gouvernement et au patronat, au lendemain de la forte mobilisation du 19 mars 2009. La journée d’action a réuni plus de 2,5 millions de manifestants – du jamais vu depuis le mouvement contre le CPE en 2006 – et bénéficié du soutien d’une majorité de l’opinion publique. Des signes qui révèlent l’ampleur des craintes des Français « de payer une crise dont ils ne sont pas responsables ». Les 229 cortèges, qui ont rassemblé jeunes, actifs et retraités de tous les secteurs professionnels, ont été marqués par la mobilisation massive du secteur privé auprès des salariés du public. Arcelor-Mittal, Continental, Faurecia, Total, Valéo… « Les victimes de la crise ont maintenant un nom et un visage », relevait il y a peu le secrétaire général de la CFDT.



Entendre les salariés et leur répondre


Au-delà de l’expression d’un malaise social, la journée du 19 mars visait à obtenir de nouveaux résultats pour aider les plus exposés à affronter la période, dans la continuité des revendications de la déclaration intersyndicale du 5 janvier , ont rappelé les huit organisations syndicales – CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires et Unsa : « Les revendications en matière d’emploi dans le privé comme dans le public, de pouvoir d’achat et de relance économique, de garanties collectives, de services publics et de réglementation de la sphère financière qui s’étaient déjà exprimées le 29 janvier sont encore plus d’actualité aujourd’hui face à l’aggravation de la crise et de ses conséquences. »

Au soir de la manifestation, le Premier ministre, François Fillon, a exclu tout « nouveau plan de relance », au motif que le déficit public ayant doublé, « les Français comprennent qu’on ne peut pas aller au-delà ». « Le gouvernement et le patronat doivent entendre ce que disent les salariés et répondre aux propositions de l’intersyndicale », ont rétorqué les huit organisations syndicales. En tête du cortège parisien, François Chérèque avait déjà averti : « On ne comprendrait pas que cette immense journée de mobilisation amène un silence complet, tant de la part du patronat que du gouvernement. »


Engager des négociations et des concertations


L’intersyndicale a convenu de se retrouver le 30 mars pour « décider des prolongements au 29 janvier et au 19 mars » en recherchant « les modalités les plus adaptées pour donner encore plus d’efficacité aux prochaines mobilisations ». D’ici là, gouvernement et patronat doivent renoncer à leurs « intransigeances » et « engager sans délai des négociations et des concertations ». Pour François Chérèque, ce délai est une attitude de bon sens : « Nous montrons que nous sommes des organisations responsables, qui prenons le temps de la réflexion. » Pour autant, le secrétaire général de la CFDT a souligné que les organisations syndicales restaient « très fermes » sur leurs revendications.


François Chérèque a redit les priorités de la CFDT : « On a déjà entrouvert des portes sur le fonds d’investissement social, qui reste insuffisant au niveau des moyens. Le gouvernement doit aller plus loin. » Concernant le pouvoir d’achat, il a rappelé les propositions de la CFDT sur des mesures d’accès aux mutuelles et d’aide au transport et au logement. « On veut des leviers pour négocier dans les entreprises », a-t-il également indiqué, qui passent par des contreparties aux allègements de charges. « Enfin, il faut que l’État prenne ses responsabilités vis-à-vis de ses propres salariés, tout comme le patronat ne doit pas se cacher derrière le gouvernement : pendant cette crise, les attitudes sociales des entreprises face à leurs salariés doivent changer. »

Pour appuyer ces revendications, la CFDT veut faire du 1er mai une étape importante. Tout comme le seront les mobilisations européennes des 15 et 16 mai à Berlin, Bruxelles, Madrid et Prague. L’objectif, rappelle le secrétaire national Marcel Grignard, n’étant « pas forcément des actions qui se répètent tout le temps » mais de maintenir « une pression forte pour obtenir des résultats ».

Commenter cet article