Publié par SYNTEF-CFDT

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L'action syndicale paie : A Montpellier, la CFDT obtient la titularisation de 400 agents

Cathy Crespy, secrétaire générale du syndicat Interco 34 et permanente à la mairie raconte ce combat.

 


Peux-tu nous raconter comment vous êtes parvenus à titulariser 400 agents de la mairie de Montpellier ?


C’est un travail de très longue haleine, car la situation n’est malheureusement pas nouvelle. Dans les écoles, nous avions des personnes qui travaillaient entre trois et six heures par jour et qui n’étaient pas payées pendant les vacances scolaires. La grande majorité de ces salariés précaires étaient des femmes qui s’occupaient de la cantine ou du ménage. Leur situation sociale était catastrophique.

Il y a une dizaine d’années, nous avons obtenu qu’elles obtiennent des contrats de sept heures par jour sur quatre jours avec un salaire lissé sur l’année. Il y a cinq ans, nous avons obtenu une augmentation de leur horaire de travail à 32 heures par semaine pour qu’elles puissent enfin bénéficier du régime de retraite des fonctionnaires. Enfin, à la rentrée 2009, nous sommes parvenus à ce qu’elles soient titularisées à temps complet. L’aboutissement d’une négociation d’un an.


Comment avez-vous réussi à convaincre la mairie ?


Nous nous sommes battus sur deux fronts. D’un côté nous avons interpellé les politiques et organisé des rassemblements pour dénoncer la situation qui était faite à ces personnels. Nous avons notamment profité des dernières élections municipales pour obtenir des engagements de la part des candidats. D’un autre côté, nous n’avons cessé de faire des propositions qui permettaient concrètement d’organiser le travail des personnes sur la base d’un temps plein. C’est un très gros boulot. Il a fallu repenser le fonctionnement des écoles. Pour la mairie, la situation devenait de toute façon ingérable. Vu les conditions de travail, les personnels n’étaient pas motivés et le turn-over trop important pour que le service puisse être convenablement assuré.


Comment expliques-tu que la précarité soit aussi développée à la mairie ?


Je ne pense pas que le cas de Montpellier soit réellement différent de ce qui se passe dans les autres communes. La précarité se généralise dans les collectivités territoriales. C’est devenu un mode de gestion du personnel qu’il faut combattre au quotidien. Nous devons également faire attention à ce que chaque agent trouve sa place et soit considéré dans son travail. Lors de la dernière négociation, qui a permis la titularisation des 400 personnes, nous avons été particulièrement vigilants à ce qu’elles aient un vrai emploi.


Propos recueillis par Jérôme Citron

 

© CFDT (mis en ligne février 2010)

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