Publié par SYNTEF-CFDT

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Monsieur le Ministre,

 

Vous venez aujourd’hui présider ce Comité Technique Ministériel. Cette présence, nous la comprenons comme une suite logique aux engagements pris depuis quelques semaines pour relancer un véritable dialogue social, sans lequel l’Administration manquait et manquerait cruellement d’humanité dans sa gestion et son quotidien. Comme vous le savez, le syndicat CFDT est un ardent promoteur du dialogue social. Nous en attendons donc beaucoup. 

 

Le 7 juillet dernier, et pour la première fois depuis bien longtemps, notre Ministre a clairement et fermement rappelé la légitimité des services dans l’exercice de leurs missions. Mieux encore, vous n’avez pas hésité à utiliser des termes d’une rare fermeté à l’encontre d’un élu qui avait tenté d’empêcher l’exercice des missions de contrôle par nos collègues du département du Nord. Cette intervention a été fortement ressentie par tous les agents. Rares avaient été, au cours des dernières années, de telles réactions devant de tels actes. Le SYNTEF-CFDT ne peut que saluer une telle prise de position, de tels écrits. Nous vous demandons de rappeler ainsi à l’ensemble de vos directeurs, partout sur le territoire, la nécessité impérieuse du soutien aux agents dès lors qu’ils se voient contestés dans l’exercice de leurs missions.

 

Nous avons demandé à plusieurs reprises une intervention claire du ministre du travail pour dénoncer les incidents et surtout défendre publiquement le rôle de l’inspection du travail. Au cours des 5 dernières années qui ont précédé votre arrivée, nous avons vu passé cinq ministres du travail mais jamais nous n’avons obtenu cette reconnaissance publique.

 

Au delà de votre courrier, nous espérons donc cette prise de parole publique pour soutenir des agents qui exercent, avec déontologie,  des missions difficiles au service du public.

 

Cet appui ministériel, nous l’attendons tout aussi ferme sur le champ des conditions de travail au sein des services. La situation des effectifs à ce jour n’est toujours pas réglée. Cela touche tant les services déconcentrés que centraux ; cela touche tous les  emplois. Les manques de moyens humains aboutissent à ne plus permettre le fonctionnement régulier de nombre de services, et font peser sur les agents une charge de travail périlleuse. Il suffit ainsi d’entendre ces paroles, aussi exemplaires que courantes : «  je suis complètement à bout ; on n'a plus du tout de secrétaire depuis plus de 6 mois dans notre section ; personne ne fait l'intérim, personne ne trie notre courrier, tout le monde s'en fout… ».

 

Si le Gouvernement annonce qu’il faut mettre un terme à la RGPP, alors mettons un terme aux multiples inquiétudes nées ce celle-ci. Annoncez donc clairement le renoncement, éclairé et réaliste, à la PFR dont la gestion objective est impossible et les conséquences dévalorisantes ; au projet EUCLID qui déstabilise grandement nos services informatiques ; annoncez tout aussi clairement quelle politique en matière de mobilité vous entendez mener, face aux constats récurrents que font les représentants du personnel au sein des CAP et des CCP devant l’impossibilité à pouvoir obtenir la mutation d'agents au nom des sacrosaints effectifs de référence, dont nous savons tous qu’ils visent à créer des situations budgétaires de « sureffectifs » sans lien avec la réalité des services et leur évolution.

 

 

En effet, Il existe un problème des sous-effectifs et donc de charge de travail dans bon nombre de départements. Le nombre de postes vacants d’inspecteurs et de contrôleurs en section est élevé. Il conduit à des situations difficiles aggravées par l’absence de secrétaires ! En décembre dernier,  à l’occasion d’une réunion à Paris, un directeur avait tiré la sonnette d'alarme en précisant qu’on ne pouvait aller plus loin dans la réduction d’effectifs.

 

Ainsi, cette question essentielle : « Le Premier Ministre a clairement demandé à ses ministres de faire des efforts sur les effectifs ; comment  traduirez-vous cela dans notre ministère ? » Surtout, comment traduirez-vous cette demande sans dégrader encore davantage les conditions de travail des agents et le service public rendu aux usagers ; alors même que la situation économique est difficile, que des suppressions massives d'emploi sont programmées, et que donc les services du pôle 3E et du pôle travail des DIRECCTE sont essentiels ?

 

Concernant l’emploi, nous devons également vous demander où l’administration en est-elle de la revalorisation du statut des contrôleurs du Travail laissé à l’abandon par le précédent gouvernement !?

 

La mise en place des DIRECCTE s’est traduite, malheureusement et le plus souvent, par un empilement de missions, de services, sans créer de lien, sans même percevoir une once d’un collectif de travail. Nous le regrettons, car cela aurait permis à l’Etat, aux acteurs de la vie économique, salariés et entreprises, d’y trouver un appui, un soutien, et le cas échéant, une Administration ferme et régalienne lorsque les lois n’étaient pas respectées.

 

Nombreux sont les agents venus des DRIRE, de la CCRF, du Tourisme et d’autres services encore qui souffrent, eux aussi, de ne pas trouver dans ces DIRECCTE un cadre professionnel où ils ont, eux aussi, droit à une reconnaissance, aussi bien humaine que professionnelle. Tout aussi nombreux sont les agents du Ministère qui ne se retrouvent plus dans un amoncellement de mesures, de chiffres, d’objectifs aussi peu lisibles qu’ils sont devenus une charge mentale parfois insupportable.

 

Autour de cette perte de sens et de repères, le SYNTEF-CFDT a demandé quelles suites seraient données à la mission SIMONPOLI-QUINQUETON. Nous en appelons à une véritable réflexion, ni fermée,  ni ostracisante, qui ne saurait être coupée de la réalité sociale qui fonde notre mission d’intérêt général..

 

Notre Ministère ne doit pas se couper de son environnement, de la société dans laquelle nous vivons et pour laquelle les agents travaillent, avec un fort sentiment double : celui d’agir pour l’amélioration du quotidien de tous, et celui de permettre à l’Etat de remplir son rôle protecteur et régulateur des tensions sociales et économiques.

 

A ce malaise au sein des DIRECCTE, vient s’ajouter des inquiétudes devant l’annonce d’une nouvelle vague de décentralisation ; comme si la précédente n’avait pas suffi à déstabiliser les agents, à créer des situations de souffrance professionnelle. Et ce n’est pas le lobbying mené par l’ARF qui aura permis d’atténuer ces craintes.

 

Comment comprendre les perspectives d’une nouvelle contraction des missions assurées par notre ministère au profit des conseils régionaux. Aujourd'hui, nous avons un besoin impérieux d'avoir des réponses de votre part et que vous rassuriez des agents impliqués au quotidien dans la mise en œuvre des missions travail et emploi. Nous devons avoir de la lisibilité.

 

Mais d'autres rumeurs courent aussi. Le départ de l'IAE et de l'insertion des travailleurs handicapés vers les DDCSPP.  Que pouvez-vous nous en dire ?

 

Enfin, notre revendication déjà ancienne de voir les services de contrôle de la CCRF intégrer les DIRECCTE va t-elle finalement recevoir une réponse favorable.

 

Le SYNTEF-CFDT répète une fois de plus son attachement à voir maintenu, et défendu, le lien entre les missions Emploi et celles du champ Travail. Il ne peut y avoir d’action soutenue de l’Etat si des volets entiers qui touchent directement aux conditions d’emploi, d’insertion des travailleurs se voient transférées dans les mains des collectivités locales qui ne raisonneront, par nature, que selon des schémas reposant sur leurs intérêts locaux.

 

Monsieur le Ministre, si la volonté n’est rien sans un certain réalisme du monde qui nous entoure, nous attendons aussi qu’une certaine audace permette de construire une ambition sans laquelle l’avenir n’est pas possible.

 

Le compte-rendu complet du CTM

sera disponible dans les tous prochains jours.

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